Composante du sceau personnel de René 1er, Duc de Lorraine, la croix à deux barres (alors dite Croix d’Anjou) devient emblème officiel du Duché de Lorraine sous René 2. Tombée dans l’oubli suite au rattachement du Duché à la France (1766), ce symbole reprend du service à partir de la Colline de Sion pour revendiquer le retour de l’Alsace-Lorraine devenue allemande en 1871. Symbole chrétien et national, elle se retrouve sur nombre de monuments aux morts de la Grande Guerre. Elle devient lors de la défaite de 1940 le signe de ralliement de la France Libre.

C’est Hélène, la très chrétienne mère de l’empereur romain Constantin, qui lance vers l’an 350 le culte de la Sainte-Croix rapportée de Palestine. Enchâssés dans des reliquaires ayant forme de la croix à deux barres, des morceaux de cette sainte croix sont dispersés dans toute la chrétienté d’alors. Elle portera divers noms, tels la Croix
de Jérusalem, la Croix de Byzance, la Croix des Patriarches… Ce symbole religieux, devenu aussi l’attribut des archevêques et des grands abbés, se retrouve de nos jours dans leurs anciennes attributions territoriales, notamment en Europe Centrale. C’est l’un de ces cheminements de reliquaires qui a travers la Hongrie et la maison
d’Anjou qui amène cette croix dans le Duché de Lorraine vers 1400.
Ajouté le 12/11/2012 par Philippe EICHERT -

